FAUSTI - "D'où es-tu ?" C'est le face à face entre l' "Ecce Homo" Sauveur du monde, et le représentant de César, maître du monde, Jésus ne lui a pas donné de réponse, ce silence est une réponse éloquente, qui dit beaucoup de vérités : 1- Il est inutile répondre à ceux qui n'écoutent pas. Le silence souligne, avec discrétion, le refus de l'écoute, typique de ceux qui ne veulent que poser des questions. 2- Jésus répondit sur sa royauté, différente de celle que Pilate connaît : elle n'est pas de ce monde, car elle témoigne de la vérité. C'est Pilate qui doit répondre à cette proposition. 3- La proposition de Jésus ne peut être imposée, la Vérité ne peut être témoignée que par Celui qui peut exposer, disposer et donner Sa vie en faveur de l'autre, lui offrant la possibilité de répondre. Jésus se révèle comme le Messie / Serviteur : "Il a été maltraité, s'est laissé humilier et n'a pas ouvert la bouche, Il était comme un agneau conduit à la boucherie, comme un mouton muet devant ses tondeurs, et il n'a pas ouvert la bouche. (Is 53,7). 4- Le silence de Jésus révèle la majesté de Dieu, le commencement de tout. Le puissant persiste à interroger. Il ne se pose jamais en questions. Il a l'irresponsabilité propre à toute puissance "de" ce monde qui, dans sa sphère, du plus large au plus étroit, tend à dominer plutôt qu'à servir. Ce ne tient pas compte de la Vérité et de la Vie de l'autre : elle a la mort pour berger. (Sl 49) La scène est pleine d'ironie tragique. Quelle liberté Pilate peut-il offrir à ceux qui témoignent la Vérité qui les rend libres ? ce que la royauté de ce monde peut offrir à ses sujets est l'esclavage (1 Sam 8,1...). Il y a deux façons opposées de concevoir la royauté : l'une d'amour et de vérité, de liberté et de vie, l'autre de violence et de mensonge, d'esclavage et de mort. Pilate, comme chacun de nous, est appelé à choisir. Après son silence, le roi ouvre la bouche. Non pas parce qu'il était intimidé, mais pour convaincre Pilate de son péché, condition préalable à sa connaissance de la justice et du jugement. Jésus, de l'être jugé, devient maintenant juge. Mais c'est un juge particulier : sans menacer la violence, en le plaçant devant la vérité, il fait exploser en lui le conflit de conscience. Pilate n'a d'autre pouvoir que celui qui lui a été donné d'en haut, par un Autre qui se tient au-dessus de lui. Ce "haut" est Dieu Lui-même, qui a donné à l'homme le libre arbitre. Il ne veut pas le mal, mais il respecte notre liberté : il a placé le bien et le mal, la vie et la mort devant nous, afin que nous puissions adhérer de manière responsable au bien et réaliser la vie. Mais si nous faisons le mal, Il reste si libre qu'Il s'en charge. Il nous révèle ainsi Son Amour et libère notre liberté. Même le mal que nous faisons tombe, à la fin, sous Sa puissance : Il l'amène sur Soi-même pour nous donner Son bien. "Pour cette raison, celui qui m'a livré à toi a un plus grand péché. Jésus dit que "pour cette raison" le plus grand péché n'est pas celui de Pilate. Celui qui ne répond pas à sa conscience est un perdant : il est contre sa propre vérité. Pilate utilise son pouvoir sans liberté : il obéit, contre sa conscience, à la volonté meurtrière des dirigeants et du chef de ce monde.
-->Jésus s'est proclamé Roi et Fils de Dieu. Mais Sa royauté n'est pas comme celle de César. Il n'a que le pouvoir de la vie, pas de la mort. Si Pilate libère Jésus, il s'allie à Lui et néglige César : de maître de la mort, il deviendrait serviteur de la vie. Les chefs religieux, à leur tour, sont esclaves du chef de ce monde : même s'ils haïssent César, leur antagoniste le plus puissant, ils considèrent Dieu comme César et César comme Dieu. Chaque fois que nous négligeons la vérité, dont la voix est toujours celle des innocents devant nous, nous nous tenons contre Dieu et contre l'homme, pour servir le grand ou le petit César en charge... Jusque-là... ! Pilate est un personnage complexe et emblématique : il distingue le bien du mal, il veut le premier et non le second, mais il tombe inexorablement dans le second. Pilate mène, ou plutôt Jésus mène, devant ses ennemis. Il essaie le dernier jeu du déchargement des barriques, dans lequel le pire arrive toujours. Il ne veut pas le tuer, ça aurait été contre sa conscience. Mais il n'utilise pas son pouvoir pour Le libérer. Laissons les autres décider. Le renoncement à la liberté de décider est "le péché" dont il est responsable. Tout péché est un échec de la liberté. En première lecture, il semble que Pilate soit assis sur l'étagère. Mais le verbe "s'asseoir" peut aussi signifier "faire asseoir". Dans ce cas, Pilate ferait asseoir Jésus, vêtu de l'insigne royal, comme un juge. Il vaut peut-être mieux lire, avec un changement de sujet implicite, que nous trouvons aussi ailleurs dans Jean, que Jésus lui-même était assis sur le siège. Il y a un paradoxe dans le texte comme dans tout le contexte : Jésus battu et jugé, c'est le roi juge, qui fait fructifier la loi de l'amour. Le processus devant Pilate est une révélation progressive de Sa souveraineté, qui s'exprimera pleinement dans la croix. Son jugement est sans paroles. Alors, comme aujourd'hui, elle se déroule dans un silence divin : Le visage silencieux de l'"Ecce Homo" visible dans tous les sans-visage, est la Parole, le jugement de Dieu sur chaque homme.
FAUSTI - "D'où es-tu ?" C'est le face à face entre l' "Ecce Homo" Sauveur du monde, et le représentant de César, maître du monde, Jésus ne lui a pas donné de réponse, ce silence est une réponse éloquente, qui dit beaucoup de vérités :
RispondiElimina1- Il est inutile répondre à ceux qui n'écoutent pas. Le silence souligne, avec discrétion, le refus de l'écoute, typique de ceux qui ne veulent que poser des questions.
2- Jésus répondit sur sa royauté, différente de celle que Pilate connaît : elle n'est pas de ce monde, car elle témoigne de la vérité.
C'est Pilate qui doit répondre à cette proposition.
3- La proposition de Jésus ne peut être imposée, la Vérité ne peut être témoignée que par Celui qui peut exposer, disposer et donner Sa vie en faveur de l'autre, lui offrant la possibilité de répondre.
Jésus se révèle comme le Messie / Serviteur : "Il a été maltraité, s'est laissé humilier et n'a pas ouvert la bouche,
Il était comme un agneau conduit à la boucherie, comme un mouton muet devant ses tondeurs, et il n'a pas ouvert la bouche. (Is 53,7).
4- Le silence de Jésus révèle la majesté de Dieu, le commencement de tout. Le puissant persiste à interroger. Il ne se pose jamais en questions.
Il a l'irresponsabilité propre à toute puissance "de" ce monde qui, dans sa sphère, du plus large au plus étroit, tend à dominer plutôt qu'à servir. Ce ne tient pas compte de la Vérité et de la Vie de l'autre : elle a la mort pour berger. (Sl 49)
La scène est pleine d'ironie tragique. Quelle liberté Pilate peut-il offrir à ceux qui témoignent la Vérité qui les rend libres ? ce que la royauté de ce monde peut offrir à ses sujets est l'esclavage (1 Sam 8,1...).
Il y a deux façons opposées de concevoir la royauté : l'une d'amour et de vérité, de liberté et de vie, l'autre de violence et de mensonge, d'esclavage et de mort. Pilate, comme chacun de nous, est appelé à choisir.
Après son silence, le roi ouvre la bouche. Non pas parce qu'il était intimidé, mais pour convaincre Pilate de son péché, condition préalable à sa connaissance de la justice et du jugement.
Jésus, de l'être jugé, devient maintenant juge. Mais c'est un juge particulier : sans menacer la violence, en le plaçant devant la vérité, il fait exploser en lui le conflit de conscience.
Pilate n'a d'autre pouvoir que celui qui lui a été donné d'en haut, par un Autre qui se tient au-dessus de lui.
Ce "haut" est Dieu Lui-même, qui a donné à l'homme le libre arbitre.
Il ne veut pas le mal, mais il respecte notre liberté : il a placé le bien et le mal, la vie et la mort devant nous, afin que nous puissions adhérer de manière responsable au bien et réaliser la vie. Mais si nous faisons le mal, Il reste si libre qu'Il s'en charge. Il nous révèle ainsi Son Amour et libère notre liberté.
Même le mal que nous faisons tombe, à la fin, sous Sa puissance : Il l'amène sur Soi-même pour nous donner Son bien. "Pour cette raison, celui qui m'a livré à toi a un plus grand péché. Jésus dit que "pour cette raison" le plus grand péché n'est pas celui de Pilate. Celui qui ne répond pas à sa conscience est un perdant : il est contre sa propre vérité.
Pilate utilise son pouvoir sans liberté : il obéit, contre sa conscience, à la volonté meurtrière des dirigeants et du chef de ce monde.
-->Jésus s'est proclamé Roi et Fils de Dieu. Mais Sa royauté n'est pas comme celle de César. Il n'a que le pouvoir de la vie, pas de la mort. Si Pilate libère Jésus, il s'allie à Lui et néglige César : de maître de la mort, il deviendrait serviteur de la vie.
RispondiEliminaLes chefs religieux, à leur tour, sont esclaves du chef de ce monde : même s'ils haïssent César, leur antagoniste le plus puissant, ils considèrent Dieu comme César et César comme Dieu. Chaque fois que nous négligeons la vérité, dont la voix est toujours celle des innocents devant nous, nous nous tenons contre Dieu et contre l'homme, pour servir le grand ou le petit César en charge... Jusque-là... !
Pilate est un personnage complexe et emblématique : il distingue le bien du mal, il veut le premier et non le second, mais il tombe inexorablement dans le second. Pilate mène, ou plutôt Jésus mène, devant ses ennemis. Il essaie le dernier jeu du déchargement des barriques, dans lequel le pire arrive toujours.
Il ne veut pas le tuer, ça aurait été contre sa conscience. Mais il n'utilise pas son pouvoir pour Le libérer.
Laissons les autres décider. Le renoncement à la liberté de décider est "le péché" dont il est responsable. Tout péché est un échec de la liberté.
En première lecture, il semble que Pilate soit assis sur l'étagère. Mais le verbe "s'asseoir" peut aussi signifier "faire asseoir".
Dans ce cas, Pilate ferait asseoir Jésus, vêtu de l'insigne royal, comme un juge. Il vaut peut-être mieux lire, avec un changement de sujet implicite, que nous trouvons aussi ailleurs dans Jean, que Jésus lui-même était assis sur le siège.
Il y a un paradoxe dans le texte comme dans tout le contexte : Jésus battu et jugé, c'est le roi juge,
qui fait fructifier la loi de l'amour.
Le processus devant Pilate est une révélation progressive de Sa souveraineté, qui s'exprimera pleinement dans la croix.
Son jugement est sans paroles. Alors, comme aujourd'hui, elle se déroule dans un silence divin :
Le visage silencieux de l'"Ecce Homo" visible dans tous les sans-visage, est la Parole, le jugement de Dieu sur chaque homme.